Comme la mort, mais en pire

09.09.06

Comme la mort. Mais en pire.

Elle tomba à genoux, incapable de dire le moindre mot, de faire le moindre geste.

“Et nous pourrons rester amis ?”

Comme l’estocade finale. Mais en plus douloureux.

Elle ne répondit rien, laissant les derniers mots qu’il avait prononcé lui vriller l’esprit, lui torturer l’âme. Lui exploser le coeur.

“Je ne t’aime plus.”

Comme une promesse reniée. Mais en plus conséquent.

Menteur.

…Pas vrai ?

Elle pleurait. Les larmes roulaient sur ses joues, mouillaient le sol, coulaient hors d’elle comme autant de mots haineux. Impossible de les contrôler. Incapacité à les stopper.

“Il faut que je passe à autre chose.”

Comme un pas en avant. Mais surtout comme un retour en arrière, une échappatoire.

Un sanglot franchit enfin ses lèvres. Il était partit de sa gorge et s’était enfuit alors qu’elle se pensait muette pour le restant de ses jours. Mais si c’était pire que la mort, la fin de sa vie n’était-elle pas proche ? Le monde continuerait-il de tourner, après ça ? Pourquoi les gens avanceraient-ils encore alors qu’il était partit ? Est-ce que le soleil poursuivrait sa course dans le ciel ? Les heures continueraient-elles à défiler ?

But however long the night, the dawn will break it.

“Au revoir.”

Comme un adieu avorté. Surtout comme un adieu avorté.

Elle serra le poing, les dents, de rage, de désespoir. De honte ? Elle pleurait toujours presque en silence, comme si son chagrin n’avait pas le droit d’être bruyant. Comme si on lui avait interdit d’être triste aux yeux du monde.

Très lentement, elle se releva. Il n’était plus là, elle l’avait entendu s’éloigner.

“…”

Comme un salaud qui vous fait du mal sans rien ajouter. Mais aussi comme un salaud qui ne vous aide pas à vous relever ensuite.

A quoi bon pousser quelqu’un si c’est pour le relever, après tout ?

La rue était déserte. Elle leva les yeux vers le ciel. Il pleuvait. Alors ses vêtements n’étaient pas mouillés uniquement à cause des larmes ?

“Si tu me quittes, fais-le sous la pluie pour ne pas voir mes larmes couler.”

Depuis combien de temps était-elle là, à genoux au beau milieu d’une petite rue déserte de banlieue ? Depuis que le monde s’était arrêté de tourner. Si l’horloge avait cessé de courir, elle venait de tomber. Si le soleil s’était couché, alors cela faisait plusieurs heures. Elle porta la main à ses lèvres, se remémorant la douceur de ses lèvres sur les siennes.

Si tu n’es pas à moi, tu ne seras à personne.

Elle releva la tête. Elle fixa le vide avec tant de haine qu’il aurait pu en mourir. Où était-il à présent ? Avec elle ? Il le regretterait. Il l’avait tuée, à lui de mourir. Chacun son tour. Oeil pour oeil, dent pour dent. La loi du Talion. Vie contre vie.Coeur contre coeur, surtout.

Des sirènes. Des lumières. Du bruit. Des flashs. Des gens. Trop de gens.

Autour d’une personne.

Autour de lui.

De lui et de beaucoup de sang.

Tu n’as que ce que tu mérites.

Il croisa son regard.

Je te hais.

“Je t’aime.”

Et finalement, est-ce que tu mens ?

COMME LA MORT. MAIS EN PIRE.

Une deuxième fois.

Parce qu’après être mort une fois, la seconde, on ne se relève pas.

N'hésitez pas à me donner votre avis, cela me fait très plaisir !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s